Auto et Mobile, gros enjeux et bagarre de titans

A en juger par le nombre de voitures installées sur les stands et dans les allées du MWC2015, cette année semble démontrer que l‘industrie automobile accélère sur la mobilité…

En plus de quelques annonces dont Renault et Apple, et de leur effet recherché, des réflexions technologiques sérieuses sont engagées avec les opérateurs téléphoniques mobiles, à travers leur association GSMA, pour tenter de définir des standards qui permettraient d’unifier et élargir le marché… Par exemple les débats techniques autour de la SIM embarquée (embedded SIM) pour définir une norme permettant au constructeur automobile de proposer des voitures connectées dans tous les pays, une offre nécessairement indépendante de tel ou tel opérateur mobile dans tel ou tel pays, ont montré l’étendue des difficultés techniques (sécurité, authentification, autorisation distante) comme des difficultés d’intégration et de standardisation-réglementation posées. On sent une certaine maturité des réponses technologiques proposées.

Mais les problèmes ne sont pas que technologiques, ils sont aiguisés par la concurrence commerciale pour attirer et conserver le consommateur-conducteur-abonné mobile. Entre le constructeur automobile et l’opérateur mobile, lequel des deux apportera le plus de valeur, aux yeux du conducteur-abonné ? On voit ainsi pointer une concurrence nouvelle entre constructeur automobile et opérateur mobile. L’opérateur telecom par exemple souhaite défendre, jusque dans le véhicule, sa valeur ajoutée, et ne souhaite pas être interchangeable aux yeux du consommateur comme auprès du constructeur automobile… Le constructeur automobile ne souhaite pas devenir le fournisseur banalisé d’un objet de transport dont la connectivté et les nouveaux services perçus à haute valeur, seraient fournis par d’autres… Et il ne peut pas non plus, suivre le rythme effréné des mises à jour de l'industrie électronique...

Le compromis actuel est que la SIM embarquée, est soudée au véhicule, utilise le réseau d’un opérateur mobile choisi par le constructeur automobile et non par le client. C’est un compromis qui, au delà de son aspect pratique, arrangerait bien, on le voit, ces deux industries.

A moins que de nouveaux entrants, à la Tesla, Google ou Apple, alliés pour le coup aux fabricants de tablettes et équipementiers, ne viennent démolir ce compromis en proposant de passer par la SIM du conducteur, et ouvrir à tous les services et applications déjà développés dans le Cloud… 

Les grandes manoeuvres ne font que commencer... A suivre.